L’Echo.be : Le sens des « affairs » ou le marché de l’adultère

L’Echo.be : Le sens des « affairs » ou le marché de l’adultère

Publié le 14/02/2013 dans l’Echo, le quotidien de l’économie et de la finance

Le business sulfureux des rencontres extraconjugales s’affiche sans vergogne dans nos rues. Plus difficile par contre de dévoiler ses dessous.

Les sites de rencontres adultères visent une croissance à trois chiffres, exploitant comme jamais l’évolution prétendue des moeurs. Zoom sur ce marché juteux. François Remy On pensait lire pour l’occasion un subtil  » offrez-vous un homme marié en ce 14 février ».Ou subir un énième débat sur la liberté d’expression après la censure de  » déçu par la Saint-Valentin, essayez un autre vagin « . Pourtant, pas le moindre morceau d’affiche ou de spot radio.

Les sites de rencontres extraconjugales ont adopté un silence tout pieux en cette fête des amoureux. Peut-être pour ménager leur public cible.Car ce genre de célébration coûte deux fois plus cher pour les adultères, censés gâter et leur conjoint officiel, et leur second partenaire sexuel. « L’Echo » s’est penché sur ce marché lucratif, qui a su capter la forte croissance des sites traditionnels en spécialisant la nature des rencontres. Au milieu d’une constellation de sites coquins, libertins, deux numéros un proclamés se distinguent à grand renfort de musculation médiatique, Gleeden et Ashley Madison.

Le premier laisse planer le doute sur son chiffre d’affaires, entre 10 millions et 20 millions d’euros, mais avoue en dédier 20% au budget marketing. Des campagnes appréciées par les sociétés d’affichage pour leur côté dédramatisant l’infidélité (tromper votre amant avec votre mari, etc.). Le second se targue de 120 millions de dollars atteints en 2012, à coup (de génie) de communication. La campagne de lancement belge en octobre dernier, mettant notamment en scène les exploits de notre roi, représentait une prise de risque.

D’ailleurs boudée par des afficheurs. Bref, il est difficile de mesurer l’ampleur du business de l’infidélité. Il tente de pomper ci et là les 4 milliards de dollars de revenus globaux générés par le marché du dating . Ajouter à cela l’extrême pudeur financière des,plateformes commercialisant l’infidélité, qui ne veulent pas  » dévoiler tous les secrets de fabrication « , pour reprendre les termes d’Hélène Antier, la porte-parole d’Ashley Madison.

Né il y a 11 ans au Canada, le site AshleyMadison.com a initié le mouvement des rencontres adultères. Une entreprise qui a rendu Noel Biderman (photo en bas), son concepteur, riche mais pas forcément populaire vu les enjeux financiers, juridiques et culturels. Résultat: le site emploie désormais 150 personnes etcouvre 25 pays. D’avis d’économistes, AshleyMadison a fourni de la liquidité à un marché illiquide. Et mis le pied à l’étrier à d’autres entrepreneurs,comme les fondateurs de Gleeden.com, les frères Truchot, deux frenchies à la tête d’un holding…américain. Pour se démarquer, ils ont nuancé la proposition de valeur:  » un positionnement unique au monde avec un site géré et pensé à 100% par des femmes.

Nous avons réellement environ 40% de femmes et nous ne faisons pas appel à des animatrices.  Nous choyons les femmes et tous nos efforts sont concentrés sur elles « , assure Anne-Sophie Duthion, responsable de la communication pour Gleeden.

Les deux sites étant gratuits pour la gente féminine, il y a bien fallu trouver un filon à exploiter.

À savoir, un système onéreux de crédits, vendus par packs allant jusqu’à 499,99 euros pour Gleeden, et 299 euros pour 1.000 crédits sur AshleyMadison. Ces crédits permettent aux membres d’interagir: email, chat, cadeaux virtuels. Chaque action a un prix (salé), par dizaine de crédits. La recette trouve malgré tout de gourmands utilisateurs. La cherté du service est susceptible de freiner les ardeurs et ainsi optimaliser les contacts.

Au niveau statistique, Gleeden compte 160.000 inscrits à l’échelle du Benelux, et la Belgique s’affiche comme le 3e pays le plus infidèle. En tout, le site rassemble près d’1,6 million de membres. Mais membres n’est pas synonyme d’utilisateurs actifs. Jouant la transparence, Anne-Sophie Duthion nous précise que 35% le sont.Autrement dit, plus de 540.000 infidèles, qui dépensent en moyenne 45 euros par mois.

De son côté, Ashley Madison dénombre 300.000 inscrits en France, Belgique et Suisse, pour près de 18 millions à l’échelle mondiale. Cependant, le prétendu leader international fait la fine bouche sur la proportion de membres actifs.  » Informations confidentielles « , nous rétorque Hélène Antier. Tout comme les raisons de l’augmentation corsée des tarifs, d’une moyenne de 66% après 3 mois de lancement chez nous. Car comme le veut la maxime populaire, l’infidélité n’a pas de prix, que des conséquences. « Éradiquez Ashley Madison, vous n’éradiquerez pas l’infidélité! » Noel Biderman fondateur d’AshleyMadison.com

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